Ma vision politique cantonale

J’ai toujours tenté d’avoir une action politique pragmatique et progressiste, loin des clivages et de la polarisation habituelle. Je me sens à l’aise de discuter avec tous les membres du Grand Conseil, tous partis confondus, car nous ne pouvons pas construire l’avenir sans compromis et surtout sans alliance.

Voici quelques points qui me tiennent tout particulièrement à coeur et que j’aimerais continuer à défendre au Grand Conseil.

La durabilité comme moteur économique cantonal

Le canton doit offrir des conditions-cadre attrayantes aux entreprises choisissant un modèle de développement économique respectant les principes de la durabilité forte. Cette durabilité s’articule en 3 axes :

  • Une durabilité sociale, qui favorise l’égalité salariale, l’inclusion de toustes, et qui offre des conditions de travail attrayantes, apaisantes et modernes
  • Une durabilité écologique, qui promeut des modes de production respectueux de l’environnement, une consommation réfléchie des ressources naturelles, ainsi qu’un faible besoin énergétique
  • Une durabilité économique, qui inscrit respectueusement les activités des entreprises dans son environnement local et qui utilise l’innovation verte comme moteur de croissance

La mobilité comme une évidence territoriale

Les fribourgeois doivent se connecter entre eux et pouvoir faire des choix de mobilité au plus proches de leurs possibilités. La mobilité douce doit être favorisée à tout prix, car c’est la seule mobilité qui permet une diminution drastique des GES et le maintien d’une bonne santé. Mais le canton de Fribourg doit également :

  • Développer le télétravail quand cela fait sens
  • Encourager le covoiturage et d’autopartage
  • Soutenir les communes dans la mise en place de parkings d’échange
  • Promouvoir des véhicules jouissant d’une faible emprunte carbone
  • Accroître la performance des transports en commun pour qu’ils soient une réelle alternative à la voiture

La culture et le sport comme liant social

Il ne faut pas opposer la culture au sport. La culture, qu’elle soit musicale, théâtrale ou sportive, nous permet de nous élever, de nous développer, de mieux comprendre nos limites et nos envies, de stimuler notre imagination et notre créativité : la pratique régulière d’une activité culturelle ou sportive nous élève et nous rend un peu meilleur.

Mais la culture et le sport sont également un moteur économique trop souvent sous-estimé. En 2013, le canton et les communes fribourgeoises investissaient en moyenne 251 frs par habitant, ce qui représente presque 4x moins que Bâle-ville (Bilan, juin 2017). Nous pouvons nous inspirer de certains cantons voisins qui ont mis en place une politique culturelle plus volontaire et proactive pour stimuler leur économie.

Pour cela, le canton doit :

  • Faciliter et renforcer l’accès à la culture et au sport pour toustes
  • Soutenir financièrement les artistes et les sportifs professionnels
  • Renforcer les infrastructures sportives et culturelles, en partenariat avec les communes, les clubs et les partenaires culturelles
  • Supporter et faire rayonner la création artistique dans le canton, en Suisse et dans le monde

L’éducation comme une opportunité pour toutes et tous

L’éducation est une priorité absolue : elle doit être pensée pour donner aux enfants toutes les compétences sociales et intellectuelles qui leur permettront d’être et de devenir des adultes équilibrés, heureux, capables de penser par eux-mêmes et de faire des choix réfléchis.

L’éducation scolaire de notre canton doit être modernisée et ce n’est pas en investissant massivement dans le numérique que cela se fera. Moderniser l’éducation, c’est repenser le paradigme scolaire en mettant les enfants au centre et les amener à grandir : un élève n’est-il pas celui à qui le professeur donne l’occasion de s’élever ?

Trop d’enseignants subissent un contexte de travail stressant et administrativement complexe qui les empêche de développer un suivi individualisé des élèves et de proposer un enseignement enrichissant et promoteur de valeurs citoyennes. Pour moderniser l’enseignement, le canton devrait prendre des mesures pour :

  • Décompartimenter les disciplines afin de donner plus de sens aux apprentissages
  • Augmenter les moyens financiers à disposition des enseignants pour les soutenir dans des projets pédagogiques
  • Soutenir au niveau cantonal des approches didactiques non traditionnelles comme la pédagogie de projet, les classes flexibles, les classes multiniveaux, l’approche Montessori, l’école à la forêt,…
  • Diminuer le nombre d’élèves par classe
  • Augmenter le nombre d’enseignants et d’intervenants dans les classes
  • Mettre en place une filière de formation pour l’obtention d’un CFC d’assitant.e scolaire

La biodiversité comme héritage aux générations futures

Le réchauffement climatique menace la biodiversité et avec elle, c’est tout notre système économique, sanitaire et social qui est menacé. L’agriculture intensive, à grand renfort de produits phytosanitaires et d’engrais, menace les cours d’eau, augmente la prolifération des algues dans nos lacs et réduit la biodiversité.

Mais ce ne sont pas les agriculteurs qu’il faut blâmer, mais les attentes productivistes de notre société consumériste. Aujourd’hui, la rentabilité d’un domaine agricole est basée sur son rendement et non sur la qualité de ses produits, le respect animal ou les externalités positives de la pratique d’une agriculture raisonnée.

Il faut repenser toute la chaîne du producteur au consommateur. Pour cela, le canton doit :

  • Favoriser à tout prix une agriculture bio et biodynamique, ainsi qu’une production de viande locale et respectueuse des animaux
  • Compenser financièrement les baisses de rendement lors d’une reconversion bio
  • Promouvoir la recherche en agronomie et soutenir des projets pilotes durables
  • Obliger et aider toutes les cantines, mensas et restaurants dépendants de l’État à se fournir chez des producteurs locaux
  • Promouvoir l’achat dans les circuits courts
  • Informer la population sur les besoins alimentaires réels pour diminuer la surconsommation et le gaspillage
  • Promouvoir la production viticole cantonale
  • Rendre visible les artisans boulangers, bouchers ou fromager pour amener les consommateurs à favoriser les achats locaux hors des grands circuits de distribution.
  • Informer et soutenir les restaurateurs dans l’achat d’aliments durables, locaux et responsables.

 

Cet équilibre entre production et consommation ne pourra se faire qu’avec une politique cantonale volontaire, innovante et globale.