⚡ Pénurie d’électricité hiver 2022-2023 : comment Fribourg s’est préparé
Face aux craintes de pénurie électrique liées à la guerre en Ukraine, je déposais avec mon collègue Ivan Thévoz 8 questions concrètes au Conseil d’État à l’été 2022, dans un contexte où les analystes évoquaient déjà un risque de rationnement. Les réponses permettaient aux habitants et habitantes du canton de prendre connaissance factuellement de ce qui est prévu au niveau cantonal en cas de réduction.
📉 Le contexte de l’époque
Réduction des importations de gaz russe, relance de centrales à gaz et charbon chez nos voisins, barrages remplis à ras bord, prolongation des centrales nucléaires suisses… La directrice du groupe Alpiq elle-même évoquait publiquement un risque de réduction de la consommation, d’abord pour l’industrie, puis pour les particuliers.
📬 Ce que révèle la réponse du Conseil d’État
🏛️ 1. Qui décide de quoi ?
Point clé : la production et la gestion de l’approvisionnement électrique relèvent avant tout de la Confédération, pas des cantons. Fribourg applique le cadre fédéral (planification énergétique, plan directeur cantonal) mais n’a pas la compétence d’augmenter seul sa production.
🔋 2. Les mesures d’urgence au niveau suisse
- Stockage hydraulique renforcé : +500 GWh de capacité disponible pour l’hiver
- Analyses pour activer/construire des centrales à gaz
- Recensement des groupes de secours diesel existants (hôpitaux, industries)
- Relance de la campagne de sensibilisation OFF
📋 3. Un vrai dispositif cantonal en cas de pénurie déclarée
Si la Confédération active l’organisation d’urgence OSTRAL, le canton dispose déjà d’un plan d’engagement « Rupture d’approvisionnement électrique » (initié en 2011, finalisé en 2020), piloté par l’Organe cantonal de conduite (OCC). Une délégation « énergie » du Conseil d’État a aussi été créée fin août 2022.
🏘️ 4. Communes et infrastructures critiques
Les communes sont informées via une Cellule de coordination cantonale réactivée (celle utilisée pendant le COVID). Une liste d’infrastructures jugées « critiques » a été établie au niveau national (hôpitaux, police, eau potable, tunnels, télécoms…), prioritaires en cas de délestage — même si peu d’entre elles remplissent toutes les conditions pour être totalement épargnées.
🏭 5. Qui serait touché en premier ?
Les gros consommateurs (plus de 100 MWh/an) — environ 1’500 entreprises dans le canton, tous secteurs confondus. Pas de secteur épargné a priori.
💰 6. Un soutien aux entreprises ? Encore flou
Le Conseil d’État botte en touche à ce stade : la question relève avant tout du niveau fédéral (Loi sur l’approvisionnement économique du pays), avec des indemnisations non automatiques. Les entreprises pourraient recourir à la réduction de l’horaire de travail (RHT) via l’assurance-chômage, en cas de perte d’activité exceptionnelle.
🏢 7. L’État montre l’exemple
Dès septembre 2022, des mesures concrètes ont été prises dans les bâtiments cantonaux : chauffage limité à 19°C, eau chaude coupée, éclairage réduit, chauffages mobiles et ascenseurs interdits.
📢 8. Sensibilisation du public
Relance de la campagne OFF (menée avec succès entre 2013-2015), en complément de la campagne fédérale.
✅ En résumé : le canton reconnaît clairement les limites de sa marge de manœuvre — l’essentiel des décisions stratégiques appartient à Berne — mais démontre disposer d’un dispositif de crise structuré et déjà activé en interne.
🔗 À suivre sur Parlinfo (canton de Fribourg)
https://www.fr.ch/parlinfo/affaires/bbc2bda4111d4e199b651d4b0660d0f9
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