💧 Eau potable : où en est la planification cantonale ?
Suite aux restrictions d’eau demandées en juin 2022 par la commune de Gibloux, cette question, déposée avec mon collègue Gabriel Kolly, interpelle le Conseil d’État sur l’avancement du Plan sectoriel des infrastructures d’eau potable (PSIEau) — un document stratégique promis depuis… 2020. Une manière de renseigner la population et les communes sur un document stratégique qui tarde à venir.
⚖️ Qui fait quoi ?
La loi fribourgeoise est claire : la gestion de l’eau potable relève avant tout des communes. Le canton (via le Service de l’environnement) joue un rôle de surveillance, coordination et sensibilisation.
📋 7 questions, 7 réponses
1️⃣ Où en est le PSIEau, et pourquoi le retard ?
Le plan devait être bouclé fin juin 2020, mais dépend des plans communaux (PIEP), dont beaucoup ont été déposés en retard (jusqu’en 2022). À cela s’ajoutent de nouvelles exigences de qualité liées au chlorothalonil (pesticide), apparues en 2020, qui ont réduit les ressources jugées exploitables sans mesures particulières. Le plan est désormais attendu pour le premier semestre 2023, après consultations interne puis externe.
2️⃣ Quels outils en attendant ?
Le risque de pénurie grave reste jugé limité aujourd’hui : chaque distributeur doit disposer de deux ressources indépendantes, ou être interconnecté avec un autre réseau. Le Plan sectoriel de la gestion des eaux (adopté en 2021) prévoit déjà des mesures de protection pour les captages stratégiques, ainsi qu’un futur réseau de surveillance hydrométrique cantonal, opérationnel dès 2023.
3️⃣ Des zones plus à risque ?
Oui : selon les analyses provisoires, le nord-ouest du canton (Broye, Glâne, Lac, Basse-Singine) est identifié comme le plus exposé à moyen terme, en raison de ressources moins abondantes et d’une pollution plus marquée.
4️⃣ Un plan d’urgence en cas de manque d’eau ?
Constat surprenant : une analyse de risques de 2006 (jamais mise à jour) avait classé ce risque comme relativement faible (2 sur 4) — il n’existe donc pas à ce jour de plan cantonal global spécifique. Une nouvelle analyse est prévue durant la législature 2022-2026. En cas de crise, ce sont d’abord les communes qui doivent gérer via leur plan « Alimentation en eau potable en temps de crise » ; le canton peut intervenir en renfort via l’Organe cantonal de conduite.
5️⃣ Lutte contre le gaspillage
Le principe de priorité à l’alimentation humaine est inscrit dans la loi. Les communes peuvent restreindre l’usage de l’eau (arrosage, piscines, lavage de voitures) — mais il n’existe pas encore de catalogue cantonal harmonisé de mesures.
6️⃣ L’État, bon exemple ?
Pas de directive spécifique à ce jour, mais un suivi existe. En 2021, les bâtiments de l’État ont consommé 150’000 m³ d’eau — dont un quart pour la HEIA et un quart pour le centre de la police à Granges-Paccot — soit environ 35 litres par collaborateur/jour, un impact jugé « modéré » (0,75% de la consommation cantonale totale).
7️⃣ Des objectifs de sobriété hydrique ?
Non : les ressources actuelles étant jugées suffisantes, aucun objectif cantonal de réduction n’est fixé pour l’instant.
✅ En résumé : un retard assumé et expliqué (délais communaux + nouvelles normes qualité), mais un dispositif de protection déjà en construction, avec un point d’attention identifié pour le nord-ouest du canton. Le plan sectoriel cantonal des infrastructures d’eau potable a finalement été adopté par le Conseil d’État en mai 2025.
🔗 À suivre sur Parlinfo (canton de Fribourg)
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